Aller au contenu principal

Insuffisance rénale aiguë ou chronique : signes, diagnostic et prise en charge

Trouver un professionnel

Insuffisance rénale par ville

L’insuffisance rénale correspond à une diminution de la capacité des reins à filtrer le sang, à éliminer les déchets et à réguler notamment l’eau, le sel et le potassium dans l’organisme. [2] Elle peut être aiguë, lorsqu’elle apparaît soudainement, ou chronique, lorsque l’altération des fonctions rénales est durable. [2] [7] La forme chronique reste souvent silencieuse pendant longtemps, si bien qu’une personne peut continuer à uriner normalement malgré une atteinte déjà évoluée. [5] Son diagnostic repose donc sur des analyses de sang et d’urine plutôt que sur les seuls symptômes. [5]

Quelle différence entre insuffisance rénale aiguë et chronique ?

L’insuffisance rénale aiguë, également appelée lésion rénale aiguë, correspond à une dégradation soudaine du fonctionnement des reins sur quelques jours ou semaines. [7] Elle peut survenir lorsque les reins reçoivent trop peu de sang, lorsque l’écoulement de l’urine est bloqué, au cours de certaines maladies rénales ou après l’exposition à des médicaments ou substances toxiques pour les reins. [7] Une hémorragie importante, une déshydratation marquée, une insuffisance du pompage cardiaque, un calcul ou certains cancers obstruant les voies urinaires font partie des contextes possibles. [7] Cette atteinte peut être réversible lorsque sa cause est corrigée, parfois après une période transitoire de dialyse. [2]

La maladie rénale chronique désigne une diminution durable et irréversible des fonctions des reins, quelle qu’en soit la cause. [2] En dessous d’un certain niveau de filtration, cette maladie est qualifiée d’insuffisance rénale chronique. [2] Son évolution est généralement progressive, mais sa vitesse varie et peut souvent être ralentie par une prise en charge adaptée. [2] [5]

Quelles sont les causes et les personnes à risque ?

Le diabète et l’hypertension artérielle sont les deux causes principales de maladie rénale chronique. [2] D’autres causes comprennent certaines maladies des glomérules, des maladies auto-immunes, la polykystose rénale, des infections rénales répétées et les obstacles chroniques sur les voies urinaires. [2] Le risque est également accru en présence d’une maladie cardiovasculaire, d’obésité, de tabagisme, d’inactivité physique, d’antécédents familiaux ou d’épisodes antérieurs d’insuffisance rénale aiguë. [2] Certains médicaments néphrotoxiques, des produits de contraste iodés et des toxiques professionnels comme le plomb, le mercure ou le cadmium peuvent aussi endommager les reins. [2]

Quels signes peuvent apparaître ?

La maladie rénale chronique est fréquemment découverte lors d’un bilan réalisé pour une autre raison ou pendant la surveillance d’une personne à risque. [5] Lorsqu’ils apparaissent, ses symptômes sont peu spécifiques et peuvent comprendre une grande fatigue, une pâleur liée à l’anémie, une perte d’appétit, des nausées, des vomissements ou un amaigrissement. [5] Des œdèmes, des crampes, des impatiences dans les jambes, des démangeaisons intenses et des troubles du sommeil sont également possibles. [5] Ces manifestations ne suffisent pas à poser le diagnostic, car elles peuvent avoir de nombreuses autres causes. [5]

Au cours d’une insuffisance rénale aiguë, une diminution ou un arrêt des urines, une prise de poids et un gonflement des pieds, des chevilles, des mains ou du visage peuvent survenir. [7] Une fatigue, une diminution de l’appétit, des difficultés de concentration, des démangeaisons ou des difficultés à respirer sont également décrites. [7] Certaines lésions rénales aiguës sont graves, menacent la vie et nécessitent un traitement dans une unité hospitalière spécialisée. [7]

Comment l’insuffisance rénale est-elle recherchée et diagnostiquée ?

Pour rechercher une maladie rénale chronique, l’analyse d’urine mesure notamment l’albumine, une protéine dont la présence peut révéler précocement une atteinte des reins. [5] La prise de sang mesure la créatinine et permet d’estimer le débit de filtration glomérulaire, ou DFG, qui traduit la capacité des reins à éliminer les déchets. [5] Lorsque les reins fonctionnent mal, la créatinine est moins bien éliminée et sa concentration augmente dans le sang. [5] Si une maladie rénale chronique est suspectée, les tests doivent être répétés dans les trois mois suivants, de préférence dans le même laboratoire. [5] La chronicité est retenue lorsque deux examens successifs montrent un DFG inférieur à 60 ml/min/1,73 m² et/ou une protéinurie ou une albuminurie dépassant les valeurs-seuils. [5]

En cas de résultats durablement perturbés, une échographie peut rechercher une anomalie des reins ou un obstacle sur les voies urinaires. [5] D’autres examens servent à identifier la cause, à mesurer l’importance de l’atteinte et à rechercher ses répercussions sur l’organisme. [5] Pour une insuffisance rénale aiguë, l’évaluation peut associer des analyses de sang et d’urine ainsi qu’une échographie ou une tomodensitométrie. [7]

Chez les personnes présentant un facteur de risque de maladie rénale chronique, le dépistage proposé en France associe chaque année la mesure de l’albumine dans les urines et celle de la créatinine dans le sang. [4] Ce dépistage vise à reconnaître l’atteinte avant l’apparition de symptômes afin d’en retarder l’évolution. [4]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Dans l’insuffisance rénale aiguë, le traitement vise d’abord la cause, par exemple une mauvaise irrigation des reins ou une obstruction des voies urinaires. [7] Des mesures peuvent aussi être nécessaires pour corriger les déséquilibres de l’eau, du potassium ou du phosphore. [7] Une dialyse peut être utilisée pour retirer du sang les déchets et l’excès d’eau, tandis qu’une obstruction peut nécessiter une intervention chirurgicale. [7]

Dans la maladie rénale chronique, les soins dépendent du stade, de la cause et des autres problèmes de santé de la personne. [6] Ils cherchent à traiter la maladie responsable, à protéger la fonction rénale, à réduire le risque cardiovasculaire et à prévenir les symptômes et complications. [6] Le contrôle de la pression artérielle, de la glycémie en cas de diabète et de l’albuminurie ou de la protéinurie fait partie de cette stratégie. [6] L’anémie, les troubles osseux et minéraux, les anomalies du potassium ou de l’équilibre acide-base et les carences nutritionnelles peuvent nécessiter des traitements spécifiques. [6]

Au stade terminal, les traitements de suppléance sont la greffe rénale et la dialyse, qui comprend l’hémodialyse et la dialyse péritonéale. [3] Ces modalités peuvent se succéder et se compléter au cours du temps. [3] La greffe nécessite un bilan préalable et, après la transplantation, un traitement immunosuppresseur continu ainsi qu’un suivi médical régulier. [3] Au stade 5, une prise en charge conservatrice sans dialyse ni greffe peut aussi être proposée dans le cadre d’une décision médicale partagée. [3]

Suivi, alimentation et précautions au quotidien

La maladie rénale chronique nécessite un suivi prolongé associant consultations, analyses biologiques et, selon la situation, examens complémentaires. [1] Cette surveillance sert à apprécier l’évolution, à rechercher les complications et à vérifier l’efficacité ainsi que la tolérance des soins. [1] Le suivi doit être poursuivi même en l’absence de gêne, car les symptômes peuvent manquer au début. [1]

L’alimentation doit rester équilibrée et suffisante, tandis que les apports en sel, en protéines, en potassium, en phosphore et en eau sont adaptés au stade et aux résultats biologiques. [1] [6] Une activité physique régulière adaptée aux capacités, le contrôle du poids et l’arrêt du tabac contribuent à protéger les reins et à réduire le risque cardiovasculaire. [1] [6] Les adaptations alimentaires ne doivent pas être improvisées, notamment lorsque les concentrations sanguines de potassium, de phosphore ou de calcium sont anormales. [1]

En cas d’insuffisance rénale, il ne faut pas modifier ou arrêter un traitement prescrit sans avis médical. [1] L’automédication est fortement déconseillée, car certains médicaments disponibles sans ordonnance et certaines plantes sont toxiques pour les reins ou s’accumulent lorsque leur élimination rénale diminue. [1] [6] La maladie rénale doit être signalée avant un examen nécessitant un produit de contraste ou avant une coloscopie, car certains produits utilisés peuvent être néphrotoxiques ou inadaptés. [1] [6]

Quels risques comporte l’insuffisance rénale chronique ?

L’aggravation de l’insuffisance rénale peut provoquer une accumulation de déchets, de sel et de liquide, responsable notamment d’œdèmes et d’une augmentation de la pression artérielle. [5] L’hypertension artérielle peut à son tour accélérer les lésions rénales et affecter le cœur ainsi que les vaisseaux. [5] L’anémie, les troubles du calcium et du phosphore, la dénutrition, des infections plus fréquentes et des troubles de la fonction sexuelle font partie des complications possibles. [5] Lorsque la fonction rénale est totalement ou presque totalement perdue, une dialyse ou une greffe peut devenir nécessaire. [2] [5]

Sources et références

[1] Vivre avec une insuffisance rénale | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11

[3] Greffe rénale (transplantation rénale) et dialyse | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12

[4] Prévenir et dépister la maladie rénale chronique | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11

[6] Traitement de la maladie rénale chronique | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées